Ne croyez pas à ce que vous pensez

De manière générale, nous nous identifions à nos pensées: nous pensons que nous sommes ce que nous pensons. Chaque minute et chaque instant des pensées sous forme d’images, de mots et d’émotions traversent notre esprit. Si nous ne posons pas beaucoup de questions, nous pouvons conclure que nous sommes en train de générer ces pensées d’une manière volontaire. Et si nous partons du point de vue que nos pensées sont le produit de notre volonté, c’est facile de croire que nos pensées représentent l’essence de notre être.

Or, si nous essayons de tracer la source de nos pensées, nous allons nous apercevoir qu’elles ne sont pas vraiment le produit de notre volonté. Les pensées qui arrivent à notre conscience sont le produit d’un processus inconscient qui échappe totalement à notre volonté consciente. Les processus neuronales qui génèrent le fil de nos pensées sont influencés par une variété de stimuli et circonstances intérieurs et extérieurs.

Il est très important de pouvoir prendre une certaine distance par rapport à nos pensées, car comme vous avez probablement déjà pu constater, elles changent tout le temps. Je ne pense pas de la même manière par rapport à un problème le matin et le soir. Chaque situation qui se présente devant moi peut être abordée de manières différentes et ma réaction dépend surtout de l’état d’esprit dans lequel je me trouve. A chaque instant nos pensées nous montrent qu’une petite fraction de notre vie et de notre personnalité, et si nous n’arrivons pas à prendre une distance par rapport à ces pensées nous allons croire qu’elles nous représentent d’une manière fiable.

Quand on s’accroche à un fil de pensées il est parfois très difficile de s’en détacher, surtout quand ces pensées évoquent des sentiments négatives et douloureux. Le premier pas pour prendre distance par rapport à ce qu’on pense c’est d’essayer d’identifier notre état d’esprit. Est-ce que je me sens triste, fâché, déprimé, démotivé…? Le simple fait d’identifier l’émotion que nous ressentons nous permet déjà de prendre une distance par rapport aux pensées qui en découlent. Ce n’est pas moi, ce n’est qu’un état d’esprit. Une fois que nous avons identifié l’état d’esprit dans lequel nous nous trouvons, nous pouvons passer à essayer de comprendre sa source.

Il est très utile de pratiquer cette prise de distance non seulement par rapport aux moments négatifs, mais également dans le contexte d’une bonne expérience. Comment suis-je arrivé ici ? Qu’est-ce qui m’a ramené à ce moment présent que je trouve agréable? Est-ce que je viens d’avoir une bonne conversation avec quelqu’un? Est-ce que j’ai mangé d’une manière saine hier soir? Est-ce que j’ai bien dormi la nuit passée? Essayez de comprendre la source et les circonstances qui vous ont poussé vers cet état d’esprit. Si c’est un état d’esprit agréable ou productif, vous aimeriez pouvoir le retrouver plus facilement. Si c’est un état d’âme qui vous nuit, vous allez vouloir l’éviter.

Très souvent dans la vie nous devons faire face à de vrais problèmes qui sont très difficile à résoudre. Je ne suis pas en train de dire qu’on doit essayer d’éviter toute pensée ou émotion négative. Le problème c’est que souvent les pensées négatives que nous sommes en train d’avoir ne sont qu’une source de souffrance et ne nous aident pas à dépasser les problèmes qui les ont causés. Quand on observe le même problème ou la même situation dans des différents états d’esprits nous allons aboutir à des conclusion très différentes. Par exemple, je ne pense pas du tout de la même manière par rapport à ma vie avant et après un exercice sportif intensif. Une course à pieds peut totalement altérer la manière dont je perçois les problèmes et les défis de ma vie. C’est comme si je suis une personne complètement différente avant et après la course. L’activité physique a altéré la composition chimique de mon cerveau, ce qui fait que j’ai d’autres types de pensées qui viennent dans ma tête. Généralement, j’ai plus d’espoir, de confiance et de motivation, j’arrive à regarder ma vie d’un angle différent.

Ce qui est problématique c’est que quand nous nous sentons trop déprimés et négatives nous avons du mal à faire les choses qui peuvent nous faire sentir mieux. Nous n’aurons pas envie de manger sainement, nous n’aurons pas la motivation pour faire du sport, nous ne seront même pas capables de communiquer d’une manière saine et productive. En prenant de la distance par rapport à nos pensées nous pouvons développer nos propres stratégies qui peuvent nous sortir du cercle vicieux de la négativité.

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