Le changement climatique est aussi un problème psychologique

Le changement climatique n’est pas seulement un problème politique, social et économique, c’est un problème profondément psychologique. Un nombre croissant de psychologues se rendent compte de l’importance centrale du notre psychique dans la crise environnementale.

Nous avons évolué pour reconnaître des menaces extérieures plus ou moins immédiates. Dans un article, The Guardian, explore un cas hypothétique. Quelle serait la réaction du gouvernement américain et du peuple américain s’ils dévoileraient que la Corée du Nord pollue l’atmosphère intentionnellement pour saboter la production agricole des États-Unis? La planète entière serait indignée et nous pouvons imaginer, que malgré tous les risques, le peuple et le gouvernement prendraient des mesures sérieuses pour arrêter cette crise. Il est particulièrement difficile de reconnaître le changement climatique comme une menace, car sa nature va à l’encontre de nos instincts. Nous observons ‘le crime parfait’ où tout le monde est complice et personne n’a de motifs.

Beaucoup de personnes ont une réaction défensive au sujet du changement climatique, car sans ennemi extérieur ils doivent se sentir coupables d’avoir commis des ‘mauvais actes’ sans avoir eu l’intention. Personne n’a l’intention de détruire la nature, nous voulons juste continuer à vivre nos vies : conduire nos enfants à l’école, chauffer nos maisons, mettre de la nourriture sur nos tables. Nous n’arrivons pas à accepter que nos actes peuvent avoir des conséquences involontaires et nous passons donc dans le déni.  Le psychologue cognitif Daniel Kahneman souligne que notre cerveau n’est pas bien préparé pour faire des sacrifices personnels immédiats afin d’éviter des pertes collectives incertaines dans le futur. Il est pessimiste quant aux probabilités de succès de notre espèce.  Source 

Le déni

Le déni est un mécanisme de défense psychologique qui cherche à nous protéger des réalités désagréables et perturbantes. Le but du déni est de garder des pensées, des impulsions, des événements troublants loin de l’esprit conscient afin d’éviter l’anxiété qui est associée à eux. Notre cerveau décide de nier ou de justifier l’existence de certaines informations qui nous rappellent un traumatisme important et/ou qui sont liées à des problèmes qui peuvent sembler insolubles ou dont la solution implique des changements importants. Cette adaptation psychologique a une grande utilité évolutionnaire, mais comme beaucoup d’autres adaptations, elle peut nous poser un problème dans le monde d’aujourd’hui. Nous avons évolué d’une manière qui fait que notre cerveau nous récompense beaucoup quand nous consommons des aliments qui contiennent du sucre. Cette adaptation a été très utile pendant des millions d’années,  mais aujourd’hui nous avons accès aux sucres raffinés et adaptation pose un véritable problème pour notre santé.

Le déni nous empêche de regarder la vie sur le long-terme et nous permet de nous concentrer sur l’immédiat. Dans le cadre du changement climatique le déni nous empêche d’agir d’une manière appropriée. Nous avons peur du changement climatique surtout parce que nous ne voyons pas de solution possible. C’est déjà difficile de changer notre vie à un niveau personnel, mais quand on commence à réfléchir à l’échelle de la société ou encore de l’humanité, tout devient encore plus flou. Nous nous sentons petits face à la crise et l’évolution ne nous a pas équipé pour réfléchir clairement à une telle échelle.

Si nous souhaitons voir un monde durable, nous allons devoir changer beaucoup de choses, car nous savons qu’en ce moment nous nous dirigeons droit vers une catastrophe écologique mondiale. En plus elle est déjà en train de se produire, le changement climatique n’est plus un sujet mythique qui concerne nos petits-enfants.  Nous ne pourrons jamais agir sans d’abord passer par une prise de conscience psychologique. En plus, cette prise de conscience n’est pas quelque chose que nous franchissons une seule fois, c’est quelque chose que nous construisons jour après jour. Je comprend la science du changement climatique et j’agis déjà à plusieurs niveaux, mais je comprend aussi que ma vie et mes choix ne reflètent pas assez la gravité du sujet. Je sais que je dois continuer à améliorer mes habitudes et à élargir mon champ d’action. C’est très  difficile d’admettre que nous vivons à une époque où nous avons la capacité de détruire la vie ou en tout cas détruire l’avenir de la civilisation humaine. C’est normal que nos cerveaux essaient de nous protéger de cette réalité, ça fait peur. Si nous n’arrivons pas à surmonter cette peur nous resterons paralysés face au désastre.

 

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