La rivière sacrée qui meurt empoisonnée

Le Gange est un fleuve majeur en Inde qui commence comme un courant cristallin haut dans les montagnes de l’Himalaya. Le Gange est considéré comme la rivière la plus sacrée parmi les rivières sacrées indiennes. La biodiversité du fleuve est exceptionnelle, parmi les habitants les plus spéciaux sont deux espèces de dauphins et une espèce de requin d’eau douce. Les saletés, les boues toxiques et le plastique qui s’engouffrent dans les grandes villes et les zones industrielles, ont détérioré la santé de cette rivière. Malgré son statut important dans la société indienne et malgré des décennies d’efforts pour la sauver, le Gange, la mère des fleuves, est en train de mourir empoisonnée.

Durant des milliers d’années les Indiens se sont baignés dans la grande rivière, ont arrosé leurs cultures et ont bu son eau. Aujourd’hui les traditions continuent, mais dans un contexte beaucoup moins naturel et sain : les eaux de la rivière sont remplies de substances qui la rendent littéralement toxique. Le Gange traverse 2500km à travers des plaines densément peuplées au Nord de l’Inde. Une fois que la rivière dépasse la ville industrielle de Kanpur sa couleur change en gris foncé. La pollution plastique est aussi dramatique : la rivière verse 115.000 tonnes de plastique dans la mer chaque année.

Les efforts pour nettoyer la rivière datent depuis très longtemps. Ganga Mahasabha est une organisation indienne fondée par Madan Mohan Malviya en 1905, qui travaille pour la conservation du Gange.  Aujourd’hui le gouvernement du Premier ministre Narendra Mody s’est engagé à construire un certain nombre de stations de traitement de l’eau, mais son projet  semble incapable de faire face aux dizaines de milliers de litres d’eaux usées qui sont versés dans la rivière tous les jours.

Dans la ville de Calcutta des milliers de personnes se baignent et se brossent les dents dans les eaux boueuses de la rivière.  La population locale est découragée par la situation, l’endroit étant un lieu favori des pèlerins religieux. Les résidents de beaucoup de villages sont complètement désespérés et sont convaincus que la rivière est en train de mourir.

Le Gange est un excellent exemple de la contradiction non résolue entre l’homme et l’environnement“, explique le photographe Di Sturco qui a récemment capturé la pollution en photos sur National Geographic. ”C’est une rivière intimement liée à tous les aspects de la vie indienne – une source d’eau, d’énergie et de moyens d’existence pour plus de 500 millions de personnes qui vivent sur ses rives.” Découvrez ses photos ici.

Une décision récente de la cour suprême du pays a revêtu la rivière du statut de ‘personne vivante’ dans l’espoir que ce changement entraînera une meilleure protection légale. La décision signifie que polluer ou endommager la rivière pourrait être considéré comme l’équivalent légal de nuire à une personne. La question reste de savoir si cette loi sera appliquée et dans quelle mesure.

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