Est-ce que les mammouths peuvent nous aider à combattre le réchauffement climatique?

L’augmentation des températures provoque la fonte du pergélisol. Ceci est probablement un des pires aspect du changement climatique. Le pergélisol enferme de très grandes quantités de carbone et de méthane. En fait, il y a plus de carbone enfermé dans le pergélisol qu’il y en a dans l’atmosphère actuelle. Un scientifique russe a développé une stratégie de préservation du pergélisol qui comprend certains aspects étonnants.

Nous avons la capacité de réduire nos émissions de gaz à effet de serre, en diminuant notre dépendance des énergies fossiles, en diminuant notre consommation, en modifiant notre système agro-alimentaire etc. Nos émissions de gaz à effet de serre ont déstabilisé le climat, ce qui entraîne entre autres, la fonte du pergélisol. Le problème c’est que nous pouvons en théorie contrôler nos propres émissions, mais nous ne serons pas capables de diminuer les émissions du pergélisol s’il continue à fondre. Les gaz qui seraient émis alimenteraient encore plus de changement climatique, créant ainsi une boucle de rétroaction positive. Sergey Zimov croit que la réintroduction de troupeaux de grands herbivores est le dernier espoir pour l’humanité d’empêcher la fonte du pergélisol qui entraînerait une catastrophe globale en provoquant un changement climatique incontrôlable.

Le scientifique a déjà créé sa réserve sauvage qu’il a autofinancé. Il abrite des bisons, des bœufs musqués des chevaux et des caribous. Il explique qu’à une époque ces animaux herbivores peuplaient les plaines de la Sibérie. Leur présence dans ces régions a un impact significatif sur les températures du sol. Ces herbivores piétinent et creusent dans la neige afin d’atteindre les herbes nutritives cachées en dessous. Ceci diminue l’isolation de la neige et permet aux froid arctique de pénétrer le sol et de le garder bien gelé. Ses recherches ont montré que le sol dans les zones où les animaux sont présents est considérablement plus froid.  Un autre avantage, c’est que ces herbivores empêchent les arbres et les arbustes à pousser, créant ainsi des vastes plaines d’herbe et de mousse. Dans le cas de l’Arctique ceci est une bonne chose. Les arbres et les arbustes diminuent la capacité du sol de refléter la lumière, ce qui provoque encore plus de réchauffement. Pour accomplir sa vision d’une Sibérie durable, Sergey Zimov a déclaré qu’il a besoin de l’aide d’une espèce qui a déjà disparu : le mammouth.

Les mammouths avaient un très grand rôle dans l’équilibre de l’écosystème et dans la formation même de la toundra. Ces cousins des éléphants avaient la capacité de survivre dans des températures extrêmes et faisaient parfaitement ‘le travail’ d’un herbivore décrit au dessus. Sergey estime que sans la réintroduction des éléphants en Sibérie les herbivores pourraient garder 60% du territoire en tant qu’un écosystème de pâturages. Avec l’aide des éléphants, il espère pouvoir remontrer ces chiffres à 95%.

”Je ne suis pas en train de créer quelque chose de nouveau… Je veux juste remettre en place les pièces qui, à une époque, formaient un écosystème’ a-t-il déclaré récemment dans une interview avec ViceNews.

Le but n’est pas forcement de cloner un mammouth, ceci est probablement impossible sans avoir accès à des cellules de mammouth vivant. Les scientifiques espèrent pouvoir modifier génétiquement l’éléphant d’Asie pour lui donner des caractéristiques de mammouth, notamment la capacité de survivre à des températures hivernales de -50 degrés. Ceci pourrait devenir une réalité dans les années à venir, grâce à un spécimen de mammouth extrêmement bien conservé dans le pergélisol que des chercheurs ont excavé en 2013. En utilisant la nouvelle technologie ‘CRISPR‘ ils essayeront d’insérer des gènes dans l’ADN de l’éléphant d’Asie.

Ce projet implique certaines considérations éthiques, liées surtout aux éléphants femelles qui seront utilisées comme hôtes de cette nouvelle espèce. Il est impossible de prévoir le nombre de grossesses échouées qu’il y aura avant la naissance d’un mammouth en bonne santé. Puis il faudra continuer à les reproduire artificiellement jusqu’à ce qu’une population autosuffisante de mammouth arrive à s’établir.  Les tentatives de naissance d’un mammouth pourraient déjà commencer cette année.

Est-ce que nous allons voir des éléphants laineux durant nos vies ? Est-ce que leur réintroduction dans la nature serait une bonne chose ? Est-ce que le pergélisol fondra avant qu’on puisse prendre des mesures raisonnables? C’est difficile de répondre à ces questions, mais ce qui est certain c’est que nous ne pouvons pas miser notre avenir sur le destin des mammouths. Même si le travail de Sergey Zimov abouti à un succès total, ceci nous donnerait juste un peu plus de temps pour diminuer et finalement arrêter nos émissions de gaz à effets de serre.

Sources  vicenews  reviverestore.org

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