Est-ce que le Revenu Universel de Base peut combattre la déforestation?

L’idée d’un Revenu Universel de Base (RUB) est en train de gagner de la popularité. Le concept du RUB est défendu à la fois sure la gauche et sur la  droite du spectre politique, ce qui signifie bien entendu, que la forme de l’idée et les détails de sa mise en œuvre varient beaucoup. Certaines personnes voient le RUB comme un remède inévitable aux pertes d’emplois causées par l’automatisation et le développement de l’intelligence artificielle, d’autres le voient comme un moyen efficace de partager et de redistribuer la richesse générée par nos économies industrielles, ainsi que comme une application directe des droits de l’homme. L’idée devient si populaire qu’il y a même un candidat à l’élection présidentielle américaine de 2020, Andrew Yang, qui a fait du RUB le centre de sa campagne! Barack Obama a également mentionné le RUB dans un discours le mois passé. Dommage que c’est beaucoup plus facile d’en parler quand il n’est plus au pouvoir…

J’ai écrit plusieurs articles sur l’idée générale d’un RUB, mais dans cet article, je voudrais spéculer sur un aspect du RUB que je n’ai pas encore exploré: son effet sur l’environnement, et les forêts en particulier.

La pauvreté est une cause de perte de biodiversité


Les régions qui abritent la majorité de la biodiversité sur Terre couvrent une petite fraction du territoire continental. Les personnes qui vivent à l’intérieur et autour de ces points chauds de biodiversité se retrouvent sur les lignes de front de la guerre contre la nature menée par nos sociétés industrielles. Les peuples autochtones qui vivent autour des forêts vierges de la Terre sont profondément liés à cet environnement. Des études ont montré que ces personnes protègent les forêts qu’elles habitent avec une extrême efficacité. Ils chérissent ces forêts et ne veulent pas voir leur destruction. L’expansion des droits fonciers des tribus est le moyen le plus rentable de protéger les forêts et de séquestrer le carbone selon cette étude, qui a analysé les données de 37 pays tropicaux.

Mais une combinaison de facteurs tels que la pauvreté, le changement climatique et le développement industriel rend la vie de ces communautés autochtones beaucoup plus difficile. Ces populations ont trouvé des moyens de vivre de manière durable au sein des écosystèmes forestiers depuis des milliers d’années, mais l’économie mondiale exerce une pression excessive sur ces régions. La pauvreté oblige les populations à exploiter les ressources naturelles de manière non durable, les forêts d’Amérique du Sud sont brûlées pour laisser place à des pâturages et des champs de soja, l’extraction illégale de minéraux et de métaux dans les forêts tropicales humides d’Afrique a un prix extrêmement élevé pour les populations et environnement, l’exploitation forestière illégale dans les réserves naturelles du Mozambique alimente l’offre d’arbres exotiques qui répondent à la demande croissante de la Chine, la culture illégale de la coca et la production de cocaïne qui en résulte au cœur de l’Amazonie causent des ravages … La liste est longue est bien plus longue que ça. Ce que je veux dire, c’est que la pauvreté est la principale raison pour laquelle les gens se livrent à ces activités destructrices et dangereuses. Peu de gens voudraient risquer leur vie ou détruire les forêts qu’ils aiment s’ils avaient les moyens de survivre.


Le Revenu Universel de Base, un outil contre la déforestation

La mise en place d’un RUB dans ces endroits serait une excellente solution, ou du moins une première étape raisonnable pour ralentir et éventuellement mettre fin à la déforestation. Je ne sais pas combien cela coûterait, et je n’ai certainement pas de plan détaillé pour mettre cette idée en place, mais je peux reconnaître que ce soit une solution très logique. Tout d’abord, les populations de ces régions sont touchées de manière disproportionnée par le développement du monde industriel. Ils tirent très peu d’avantages du progrès technologique, alors qu’ils paient le prix fort. Le développement industriel des pays les plus riches, ou des régions les plus riches, repose souvent sur l’exploitation des ressources cachées dans et sous les forêts. Les coûts de cette exploitation sont directement pris en charge par la communauté locale, tandis que les avantages financiers sont accumulés par les sociétés qui opèrent dans la région ou qui bénéficient des ressources extraites de celle-ci. Ces coûts sont nombreux, les risques pour la santé et la sécurité sont souvent graves: la pulvérisation de pesticides et d’herbicides favorisant le cancer sur les champs de soja en Amérique du Sud, la pollution de l’eau par le mercure causée par l’extraction d’or en Afrique centrale, l’oppression violente des peuples indigènes autour des plantations de palmiers à huile d’Asie de l’Est. La liste se rallonge de plus en plus. En outre, le changement climatique créé par le monde industrialisé et la dégradation directe de leur environnement déstabilisent les moyens de survie des populations qui vivent en harmonie dans ces régions reculées depuis des milliers d’années.

Le monde industrialisé ne peut continuer à ignorer ces coûts. Ce n’est pas juste une question d’éthique ou d’équité, la survie de l’espèce humaine est menacée par la dégradation des points chaud de biodiversité restants. Si un RUB parvient à sortir ces personnes de la pauvreté, elles ne seront pas simplement plus réticentes à s’engager dans des activités destructrices, elles seront probablement les premières à défendre les forêts contre l’appétit des industries destructrices. Il est clair qu’un RUB n’est pas la solution ultime de la déforestation, mais c’est un outil important et, à mon avis, indispensable dans la lutte pour la protection des forêts du monde. Tant que nos systèmes économiques ne reconnaissent pas l’importance vitale des écosystèmes en bonne santé et ne tiennent pas compte des coûts écologiques des activités économiques, l’humanité sera en péril.

Aleks Evtimov

Je suis le créateur et le gestionnaire des communautés 'Plus d'Arbres Moins de Connards', 'Je ne suis plus un mouton', 'L'univers est en nous' et 'More Trees Less Assholes'. Depuis cinq ans nous utilisons les réseaux sociaux ensemble dans le but de donner une voix à ceux qui n'en ont pas. Je créé du contenu sur la déforestation, le changement climatique, le bien être des animaux et la pollution et grâce à vos interactions ces informations atteignent des millions de personnes chaque année. J'aime bien toucher à d'autres problèmes modernes, tels que l'intelligence artificielle et son impact sur l'économie et les réseaux sociaux et leur impact sur notre société et nos systèmes politiques. Je suis loin d'être un expert dans le domaine de la méditation, mais j'aime partager mes expériences personnelles avec vous.

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