Au Bhoutan : le Bonheur National Brut plus important que le Produit National Brut

Le concept de Bonheur National Brut (BNB) est né au Bhoutan il y a une quarantaine d’années dans l’objectif de montrer que la priorité du gouvernement est avant toute chose le bien-être et le bonheur de sa population. La mise en œuvre d’une politique de BNB a été difficile en raison de la transformation politique du pays et à cause du fait que l’accent est mis sur les aspects spirituels et culturels plutôt que sur la croissance et le développement économique. Comme c’est le cas avec beaucoup d’indicateurs psychologiques et sociaux, le BNB est un peu plus facile à énoncer qu’à définir avec une précision mathématique. 

Avant que cette politique soit mise en œuvre le pays était très fermé, avec une infrastructure défaillante et sans monnaie nationale. Depuis le revenu par habitant a continué de croître et  aujourd’hui c’est l’un des plus élevés d’Asie. La santé et l’éducation au Bhoutan sont complètement gratuites et l’espérance de vie a bien progressé. Le Bonheur National Brut est basé sur neuf domaines qui comportent plusieurs indicateurs : niveau de vie, santé, éducation, utilisation du temps, résilience écologique, bien-être psychologique, vitalité communautaire et résilience culturelle. Une personne est considérée comme heureuse si elle est satisfaite avec au moins six sur les neuf domaines.

La Commission du bonheur national brut a une influence très considérable sur le pouvoir législatif et exécutif.  Cette commission a la capacité de bloquer des projets de loi qu’elle considère dangereux pour le bien-être des citoyens ou pour leur environnement. Ces bonnes politiques ont mis le pays sur la voie de l’agriculture biologique. Le pays a déjà une empreinte carbone négative, due principalement à la conservation des forêts nationales qui recouvrent une grande partie de la surface du pays.

« Nous avons annulé des projets de construction de routes qui auraient dû traverser des parcs nationaux et abandonné la construction d’une centrale hydroélectrique, à proximité de Thimphou, quand il s’est avéré que c’était un lieu fréquenté par des tigres », explique, de son côté, Pema Gyamthso, le leader de l’opposition et président du parti Druk Phuensum Tshogpa. Citation de reporterre.

Les critiques du BNB pointent vers l’aspect incertain et subjective et certains critiques domestiques ont accusé le gouvernement qu’en parlant de bonheur ils essayent de distraire leur population et les organismes internationaux des problèmes économiques du pays.  Ce qui est certain c’est que les discours centrés autours de l’expansionnisme économique et du PNB sont en train de perdre leur crédibilité, les gens commencent à réaliser que les choses qui comptent vraiment dans la vie ne sont pas réductibles à une valeur monétaire et Bhoutan nous en fait la preuve.

Est-ce que vous préfériez que nos pays commencent aussi de se préoccuper plus du bonheur des citoyens et moins de la croissance économique ?

Je vous invite de visionner ce documentaire sur Bhoutan si vous ne l’avez pas encore fait :

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